What’s my age again?

Posés sur le canapé, de la musique en toile de fond, on profite du moment. Sagement, juste cette envie d’être ensemble, de se toucher, se regarder, respirer l’autre. Langues qui se mêlent, mordillage de lèvres. Quelques ratés et rires lorsque nos baisers ne suivent pas le même rythme. On continue à s’embrasser longuement jusqu’à ce qu’on s’arrête pour reprendre notre souffle. Je lui demande alors s’il sait à quelle heure ses parents vont rentrer. Il me regarde un peu surpris, puis me répond qu’ils ne devraient pas rentrer avant un moment encore et que nous avons plein de temps devant nous. On reprend alors nos baisers, puis sa main glisse sous mon t-shirt, ses doigts remontent doucement mon ventre, effleurant à peine mes seins à travers mes sous-vêtements. Le souffle un peu coupé, notre baiser s’interrompt. Regard interrogateur, léger hochement de tête. Il passe sa main dans mon dos et dégrafe mon soutien gorge, avant de reprendre ses caresses, toujours avec la même douceur mais cette fois sans barrière de tissu entre ses doigts et mes seins. On s’arrête, se regarde, et il me demande à voix très douce « tu veux le faire? ».

Encore une fois, je hoche la tête pour acquiescer, puis l’embrasse à nouveau. Je ne sais plus lequel d’entre nous suggère d’aller dans la chambre, mais on se lève et main dans la main on se dirige vers le lit. Je m’allonge sur le dos, il étend son corps sur le mien et nos bouches à nouveau l’une contre l’autre, on reprend notre baiser. Lentement, vêtement par vêtement, on se déshabille. Fébrilement, épiant les mouvements de l’autre, sans oser dire un mot. Mes mains dessinent doucement les contours de son corps. Nos souffles s’accélèrent, on se regarde fixement pendant quelques instants. Je me lance et lui demande s’il a ce qu’il faut, il me répond que oui et enfile un préservatif. Je suis toujours allongée sur le dos, les yeux mi-clos, les cuisses légèrement écartées, le cœur qui bat vite. Il enfonce lentement son sexe en moi, s’assurant d’y aller en douceur pour ne pas me faire mal. Et même s’il ne bouge pas, je le sens me remplir. Son regard est posé sur moi, sérieux et concentré, pendant que ma main s’agrippe à sa nuque. Il me demande si ça va et lorsque je lui réponds que oui, il se colle davantage contre mon corps et commence des mouvements de va et vient.

Je n’ose pas trop bouger, je profite de la lenteur de ses gestes et me concentre sur la sensation qui m’envahit à chacun de ses mouvements. Mes mains glissent dans son dos, je dépose de légers baisers sur son cou, ses épaules, je me colle à sa peau pour respirer son odeur. Je commence à bouger très légèrement mon bassin en essayant de suivre la lenteur de son rythme, luttant contre l’envie de remonter davantage mes jambes pour le laisser s’enfoncer plus profondément. Je retiens mes gestes alors que je voudrais le serrer fort entre mes cuisses, mordre sa peau. Il s’arrête un instant, me regarde et passe sa main dans mes cheveux. Je souris timidement, il m’embrasse puis intensifie ses mouvements. Son souffle s’accélère encore plus juste avant qu’il ne jouisse. Il reste encore en moi quelques instants, sans rien dire, puis se retire pour se débarrasser du préservatif.

On se regarde longuement, avec en même temps l’envie de rire et celle de prolonger ce moment. Doucement, on retourne dans le décor de mon appartement et à nos trente ans. Est-ce que c’est le fait d’écouter Blink 182 qui nous a poussé à nous comporter comme des ados profitant de l’absence parentale pour tenter de nouvelles expériences? L’envie de faire ensemble tout ce que nous n’avons jamais eu l’occasion de faire auparavant ? Ou un peu de douceur réclamée par nos corps après la frénésie de nos ébats les jours précédents ? Je ne sais même pas si on avait évoqué nos premières fois avant ce moment.

Vu l’heure tardive et notre état de fatigue, on décide de se coucher et dormir un peu, pour changer. Mais je ne sais pas si c’est l’ambiance, la lenteur de ses gestes, l’intensité de chaque mouvement ou le fait d’avoir retenu certaines envies, je suis toujours excitée. Je commence  à me caresser, collée contre son corps, réalisant alors que je suis encore très humide. Il glisse sa main entre mes cuisses et enfonce ses doigts en moi, sans aucune douceur cette fois. Et très vite je jouis, sans m’arrêter. Plus question de se retenir cette fois, alors il continue en y allant encore plus fort et je ne mouille plus mais je gicle, plusieurs fois, inondant les draps. Jusqu’à finir par être trop épuisée pour pouvoir bouger, totalement engourdie de plaisir, et que lui contemple le résultat d’un air satisfait.

Mirage

Ça aurait pu être un anniversaire, puisqu’il y a un an je prenais l’avion pour te revoir enfin, après 9 ans éloignés. Un aller-retour seulement, pour qu’on puisse enfin savoir. Savoir s’il y avait une raison, une explication au fait que qu’au cours de toutes ces années aucun de nous deux n’avait réussi à ranger cette histoire dans la case des souvenirs, à toujours se demander ce qui aurait pu se passer si…

Descendre du train, ne pas te trouver sur le quai, me diriger vers la sortie et te voir arriver à toute vitesse pour me prendre dans tes bras. Et cette sensation de n’avoir jamais été séparés, toujours cette même connexion. Quelques heures devant nous pour rattraper ces 9 années et je repartais retrouver ma vie de l’autre côté de l’Atlantique, te laissant à ton éternelle indécision, confuse moi aussi.

Homme devient ex-Homme, je rencontre cet autre mec qui me fait tourner la tête, me plonge dans le travail. Toi tu retournes à ton silence, pour ne pas avoir à lui mentir, ne pas avoir l’impression de la trahir, le temps d’y voir plus clair. Mais rapidement on s’écrit à nouveau. Je te raconte Montréal, cette ville que j’aime tant, tu me parles de ton univers, et mail après mail, nos vies s’emmêlent. Tu surveilles les scores des matchs de hockey, je regarde la météo des plages où tu surfes.

Les mois passent et les silences prolongés que tu imposes pour ne pas totalement basculer deviennent insupportable, l’absence de contact avec l’autre provoque cette douleur dans le ventre qui ne s’estompe que lorsqu’un nouveau message arrive. Ces messages dans lesquels on imaginait comment pourraient se passer nos retrouvailles, notre vie ensemble, ce à quoi pourrait ressemble notre quotidien une fois réunis. Les mêmes discussions que quand on était à la fac, et que tu partageais déjà ces moments avec une autre que moi, incapable de mettre un terme à une situation qui ne te convenait plus, malgré ton envie d’être avec moi.

Mais cette fois je te comprenais mieux. Et puis tant que cet océan nous séparait, tant que je ne pouvais de toute façon pas être à tes côtés, je ne voyais pas de raison de ne pas être patiente. Et puis tu as fini par la quitter. Plus tôt que ce que j’avais imaginé. Et pour la première fois depuis notre rencontre, rien ne nous empêchait d’être ensemble, si ce n’est tes scrupules et ta peur de penser à elle tout en étant avec moi. Hésitation de courte durée, et te voilà à Montréal. 10 jours tellement intenses au cours desquels on se découvre, on se raconte ce qu’on n’avait jamais eu l’occasion de se dire entre deux cours : des anecdotes d’enfance, les confidences partagées dans un demi sommeil, tout ce qui te met bien plus à nu que l’absence de vêtements.

Et toujours de façon tellement naturelle, parce que comme à l’époque, tout est simple et facile quand on est ensemble, puisque tu sais que tu peux simplement être toi, avec tes contradictions, tes prises de tête, tes doutes. Et pour moi c’est tellement évident de juste laisser aller les choses, t’ouvrir toutes les portes, parce que je sais que tu me comprends, moi, ma façon d’être, mes envies qui ne t’effraient pas. N’avoir rien besoin de contrôler, prendre les choses comme elles viennent, ne plus regarder l’heure. Juste être avec toi, partager chaque minute avec toi. Te regarder travailler sur mon canapé depuis la cuisine et ne rien avoir envie d’autre.

Le temps passe vite, on en oublie de parler du futur proche, du temps qu’on passera à nouveau séparés jusqu’à ce que je retourne en France. On n’aborde le sujet que quelques heures avant ton départ. Nos mots sont maladroits, tu t’agaces lorsque je te dis que tu vas la revoir, que vous allez vous réconcilier et vous retrouver, parce que tu refuses d’être ce genre de gars. Une première dispute pour accompagner toutes les premières fois que nous ont apporté ces dix jours, trop tardive pour une réconciliation sur l’oreiller, il nous faudra trouver un autre moyen.

Tu m’écris pour me dire que pour la première fois depuis longtemps tu as l’impression de vraiment savoir dans quelle direction tu veux aller, ce que tu veux faire, que tu te sens bien et heureux. On parle de ma prochaine visite en France, des routes qu’on prendra. Tu me dis que tu as hâte de me présenter aux gens qui comptent pour toi. Et moi je passe mon temps à sourire en repensant aux moments qu’on a passé ensemble, au contenu de nos échanges.

Puis cette soirée. Elle et toi discutez, vous rapprochez à nouveau. Ce que je n’avais pas prévu c’est que tu prendrais ça au sérieux, que ça te retournerai à nouveau et que tes indécisions reviennent sans que tu m’en parles. Jusqu’à ce que tu me dises que maintenant tu arrives à imaginer ta vie sans moi, et pas sans elle. Et maintenant que tu es retourné à ton silence, moi je tourne en rond, parce que je me comprends pas comment cette histoire peut s’arrêter là. Comme si tout ça n’avait jamais existé.

Correspondance

Je suis allongée sur mon canapé, je regarde le match de hockey, mais distraitement. Je repense à nos échanges de ces derniers jours, aux scénarios qu’on a imaginé pour nos retrouvailles, et mes pensées m’entraînent ailleurs. Mes hanches commencent à bouger, ma main droite glisse entre mes cuisses. Je ferme les yeux un instant et je décroche totalement. Pendant que je me caresse, je t’imagine entrant dans mon appartement à ce moment là. Tu te diriges vers moi, et sans même me parler, tu écartes mes cuisses d’un geste brusque et tu repousses le peu de dentelle qui recouvre mon sexe pour y enfoncer tes doigts. Les glisser plus que les enfoncer en fait, tellement je suis humide. Tu les laisses là, immobiles, juste pour que je puisse m’enfoncer sur eux. Je bouge de plus en plus, me servant de tes doigts, je mouille de plus en plus.

Tu détaches alors ton pantalon pour me montrer à quel point ta queue est dure, et tu commences à la caresser lentement avec ta main libre. Tu sais à quel point j’ai envie de ton sexe et j’aime te voir bander. Je bouge un peu plus vite, et lorsque je commence à me cambrer, tu comprends que je suis sur le point de prendre mon pied et qu’il te suffirait d’effleurer mon clitoris, de bouger un peu tes doigts en moi ou simplement de me parler pour déclencher mon orgasme. Tu me demandes alors de jouir tout en accentuant un peu plus la pression de tes doigts, m’observant pendant que le plaisir m’envahit. Mon corps tremble, mon dos se cambre davantage. Je suis décoiffée et mon cœur bat trop vite, mais la seule chose à laquelle je pense en reprenant mon souffle, c’est à te sucer.

Tu approches donc ta queue de mon visage afin que je puisse commencer à te lécher. Ta main dans mes cheveux, tu maintiens ma tête pour t’enfoncer dans ma bouche jusqu’à sentir le fond de ma gorge, et m’étouffer. Puis tu me libères afin que je puisse jouer avec ton sexe, alternant les mouvements de va-et-vient avec les caresses du bout de la langue, jusqu’à ce que tu sois à ton tour sur le point de jouir. J’anticipe avec envie la sensation de ton sperme sur ma langue, mais au dernier moment tu décides de t’éloigner de ma bouche pour gicler sur mon visage. Puis, pour que je puisse tout de même te goûter, tu te sers d’un des doigts qui était en moi pour récolter un peu de ton sperme afin que je puisse lécher ce mélange de nos deux plaisirs…

Ton scénario me donne envie de prendre le premier avion pour Montréal. Je le lis et relis, et ça me fait toujours le même effet. Imagine l’excitation que tu me procures juste en écrivant… Je voudrais te sentir là maintenant, sentir le fond de ta gorge et te voir chercher à respirer. J’veux  tellement te voir te caresser et pouvoir passer mes doigts sur ton sexe, sentir toute l’humidité de ta chatte, puis te goûter, essayer de te boire, contrôler ton corps du bout de ma langue, puis me remettre dans ta bouche, attraper tes cheveux, maintenir ta tête contre moi encore et encore, jouir sur ta langue. Voir ton sourire, être ton homme.

Varier les plaisirs

Toujours le même plaisir au moment de le prendre en bouche. Le sentir sur la langue, contre le palais. et être tiraillée entre l’envie d’y aller doucement, de prendre mon temps et savourer le moment, ou d’y aller goulûment, plus intensément. Le laisser fondre, se répandre par vagues. Ou le croquer et sentir les éclats se disperser dans la bouche.

Mais avant de choisir la méthode de dégustation, il faut déjà choisir son chocolat. Noir pour plus d’intensité, au lait pour plus de douceur, blanc pour un moment sucré. Au naturel ou paré d’accessoires, avec plusieurs déclinaisons : noisettes pour un peu plus de croquant, raisin pour se laisser surprendre par la combinaison des textures. Fourré à la pâte d’amandes. À la menthe fondante, dans un After Eight, pour frissonner de plaisir. Alcoolisé, pour une explosion liquide dans la bouche.

Plaisir solitaire ou partagé à plusieurs, autour d’une fondue. La préparation minutieuse des bouchées à tremper, mélanges inévitables. Le doigt qu’on trempe dans le chocolat fondu et qu’on lèche avec gourmandise. Boîte qu’on offre, juste pour faire plaisir à l’autre, et voir dans ses yeux l’éclat causé par l’anticipation de la dégustation à venir. Le chocolat qu’on incorpore à une recette ou à un gâteau, pour sublimer le tout.

Plaisir que parfois on ne peut plus contrôler, débutant avec la dégustation de quelques carrés, et se terminant une fois la tablette engloutie dans sa totalité. Les envies qui doit être comblées à tout prix, quitte à se contenter d’une cocotte de pâques. Friandises de calendrier de l’avant permettant de patienter jusqu’au prochain chocolat dont la qualité nous fera fondre et qui saura apporter une vraie satisfaction.

Quelques adresses à Montréal pour combler ses envies de sucre :

Les chocolateries
Je craque pour les orangettes de chez Léonidas, mais j’avoue attendre avec impatience l’ouverture du Jeff de Bruges place Montréal trust car j’ai définitivement un faible pour leurs truffes. Dans un genre un peu plus fantaisiste,  difficile de résister aux guimauves de chez Rocky Mountain.

Les places à brunch
Une des plus connues, Juliette et chocolat. Un peu moins connu mais également appétissant, Cacao 70. Aux deux endroits, vous trouverez une carte variée, au sein de laquelle le chocolat met en valeur crêpes et gaufres.
Et si l’endroit est plus petit et le choix plus restreint, la Suite 88 reste très gourmande.

Mention spéciale
Au gâteau à la mousse au chocolat de chez Pekarna. Impossible de faire plus chocolaté !

Un signe?

Plusieurs fois il m’avait semble l’apercevoir. Je ne le guettais pas particulièrement, mais parfois un reflet dans le miroir me donnait l’impression qu’il était là. Impression toujours furtive, vite dissipée par la réalité. Mais depuis quelque semaines, pas de doute, c’est bien lui. Il est là. Mon premier cheveu blanc, bien caché, presque invisible, mais tout de même présent. Rassurant de savoir qu’au moins une partie de moi se dirige vers l’âge adulte.

Ironie cependant, je découvre ce cheveu le jour où je suis invitée par une amie à une pool party où la moyenne d’âge est 22 ans. Je ne connais personne, je salue donc et m’installe pour observer ce petit monde. Au bout de quelques minutes, je me demande ce que je fais là. Leur conversation me donne l’impression de revivre mon lycée et même s’ils sont sympathiques, je ne me sens pas à ma place. Surtout lorsqu’ils commencent un jeu qui consiste à se mettre le plus grand nombre de chamallow dans la bouche en prononçant chubby bunny sans recracher. Même pas un jeu à boire! Comme d’habitude, j’accroche plus avec les gars que les filles, puisque je préfère parler laserquest que vernis à ongles, et quelques vannes plus tard, je suis leur nouvelle amie.

Il faut dire que je ne fais pas mes 30 ans. Et si je ne fais plus 20 ans non plus, je réalise que je n’ai pas tellement changé au cours des dix dernières années. Est-ce que c’est ma petite voix, ma timidité, ma façon de m’habiller qui me font paraître plus jeune? Enfant déjà, tout le monde pensait que ma petite sœur était l’aînée. Ado, j’étais toujours celle à qui on demandait sa carte d’identité. Et il y a trois ans, la première réaction de ma nouvelle équipe a été de me demander si je me faisais « carter à la SAQ ».  Après une explication de texte, j’ai compris qu’ils me demandaient si lorsque j’achetais de l’alcool on me demandait de justifier mon âge. Non, la situation n’est tout de même pas aussi critique.

Bien sûr, dans quelques années je serai ravie de paraître plus jeune. Mais actuellement, c’est plutôt un handicap professionnel, car certains de mes interlocuteurs ont besoin de temps avant de comprendre que j’ai l’expérience nécessaire, et j’ai parfois l’impression de devoir faire mes preuves sans cesse.  Il faut dire que depuis que j’ai commencé à travailler, j’ai toujours été la plus jeune parmi mes collègues de même niveau hiérarchique et toujours la junior aussi. Alors peut être que je reproduis moi-même ce schéma maintenant. Mais je sais que c’est un de mes points faibles sur lequel je dois travailler dans mon avenir professionnel. À moi de trouver comment.

Confusion des sentiments

Après 2 années de relation chaotique, je pensais qu’il me faudrait du temps pour me remettre de ma rupture avec Ex n°2, l’intensité de notre relation, avec ses hauts et bas, nous ayant épuisé tous les deux. Pourtant, quelques semaines plus tard seulement, à la reprise des cours, je croise son regard et j’oublie tout le reste. Il devient mon seul centre d’intérêt, je respire au gré de ses messages, mon cœur se brise à chaque fois qu’il me dit que, non, il ne la quittera pas, et repart à chaque fois que je le revois. Le tout pendant 5 mois, jusqu’à ce que je lui fixe un ultimatum, lui demandant de se décider dans les deux semaines, faute de quoi je ne serai plus là. Et comme je fais rarement les choses à moitié lorsque je prends les mauvaises décisions par fierté, je me jette dans les bras du premier venu, pour lui montrer que je me plaisante pas.

Et ce premier venu, pour lequel je n’avais aucun intérêt, se révèle être un gars avec lequel j’ai plein de points communs, de l’éclectisme de nos goûts musicaux à notre humour inexistant. Notre premier rendez-vous est très agréable, on décide de se revoir, une autre fois et une autre encore. À 20 ans, c’est la première fois que je prends mon temps et que je « date » pour de vrai. Le courant passe bien entre nous et ce n’est que lors de notre 4ème rendez-vous que nous échangeons notre premier baiser. Qui se place directement dans mon top 3 des pires baisers. Surpris tous les deux, on se souhaite une bonne nuit précipitamment, repartant chacun de notre côté, perplexes. On se donne toutefois à nouveau rendez vous la veille de mon départ à l’étranger. Je m’apprête à lui dire qu’il n’a pas besoin de m’attendre, quand il m’attrape par les poignets et m’embrasse intensément en me disant qu’il n’en a peut-être pas besoin, mais qu’il en a envie.

Au cours de ces deux mois, on apprend à se connaitre davantage par courriels et sms, notre complicité se renforce. On parle aussi de nos envies, le désir monte au fil des jours, et à mon retour, l’impatience d’enfin le découvrir entièrement me fait oublier la fatigue du voyage et le décalage horaire. Je pose à peine mes bagages avant d’aller le retrouver chez lui. Et je découvre son corps musclé, ses tatouages, ses caresses expertes. Est-ce l’attente ? le fait de l’avoir imaginé pendant de longues semaines? Nos corps semblent se comprendre, les gestes sont sûrs et l’alchimie définitivement présente. L’exploration de nos envies se poursuit dans tout son appartement : canapé, lit, cuisine et salle de bain, chaque élément est sujet à une nouvelle position et une nouvelle découverte. Après cette première nuit ensemble, on ne se quitte plus, chez lui, chez moi , et puis rapidement chez nous. Ses amis deviennent mes amis, mes amis deviennent les siens, on se croirait presque dans Friends.

Mais au bout d’un moment, mes horaires de nuit décalent nos rythmes de vie et on s’éloigne un peu, surtout physiquement. Et comme au même moment Ex n°2 revient dans ma vie, je compare et finis par remettre en question mes sentiments au sein de mon couple actuel. Jusqu’à la séparation, sans heurts particuliers. Si peu d’ailleurs que nous continuons notre vie presque comme avant, et décidons de déménager, toujours ensemble, mais en tant que colocataires. Nos étude sont terminées, on entre dans la vie professionnelle, chacun dans un domaine différent. On rencontre de nouvelles personnes, chacun de notre côté. Les petits gestes de l’autre qui jusqu’à présent ne posaient pas de problème commencent à nous agacer et on ressent un besoin d’intimité que la colocation avec un ex ne permet pas. Au bout de 6 mois, il décide d’aller passer quelques jours dans sa famille, et pour la toute première fois, nous sommes éloignés l’un de l’autre, ce qui est dur pour nous deux. À son retour, on couche ensemble, mais même si le plaisir est là, on réalise que notre relation a évolué et que ce qu’on ressent n’est pas de l’amour. Pourtant, au moment où il rencontre une autre fille, je le prends très mal, et sans doute par peur de le perdre, je cherche à le récupérer. Je rends la situation plus compliquée encore, ce qui nous amène à mettre un terme à notre cohabitation.

Chacun dans son appartement, seulement quelques amis en commun. Pendant un an, on garde le contact par courriel en évitant de se rencontrer, ne parlant que de choses en lien avec nos intérêts, sans évoquer nos situations personnelles. On rencontre tous les deux d’autres personnes, et petit à petit, on retrouve les bases de notre relation, l’amitié. Car s’il y a une chose que j’ai réalisée avec le recul que seul le temps permet, c’est qu’en fait lui et moi n’aurions jamais dû être autre chose que des amis. Pendant un an, nous avons confondu l’affection que nous avions l’un pour l’autre avec de l’amour, puisque notre grande complicité amplifiait l’attirance physique. Aujourd’hui, on sait qu’on peut passer des soirées à boire et refaire le monde, enchaîner les films, débattre de tel ou tel sujet, sans aucune ambiguïté. Il reste l’un de mes meilleurs amis, un de ceux sur lesquels je sais que je pourrais toujours compter.